La pluie tombait dans la ville. L'Automne pleurait la mort de son ami l'Été, pleurait l'arriver de son ennemi l'Hiver. Pleurait la peine de toutes les personnes enfermées dans leurs maisons regrettant le soleil, pleurait pour la tristesse des gens toujours dans leurs maisons ne pouvant plus sortir. C'est aussi ces journées là où les gens peuvent être les plus égoïstes du monde. Passant dans les rues sans lancer un seul petit regard, sans sourire aux gens qui passent, tout le monde sont des inconnus, et restent des inconnus. Leurs parapluies en main, les gros manteaux, les foulards cachant leur seul identité et passent tous à grande vitesse, à leur tête, se méfiant de rien, et se méfiant de tout. Mais elle, oui elle. Elle s'en fout. Elle s'en fout du monde, elle ne veut plus, elle n'en peut plus. Elle marche, elle a oublié son chapeau, son parapluie, son foulard, son gros manteau, mais elle a surtout oublié son identité.
Pourquoi ? Parce que c'est comme ça. Sa destination ? Elle ne sait plus, mais elle marche. Elle ne s'est pas encore décidée, malheureusement pour nous, tant mieux pour elle. Les gouttes d'eau tombent de partout, tombent sur le béton, sur les parapluies des autres, mais les gouttes tombent surtout sur elle. Personne ne remarque rien, ils ne remarquent pas la jeune fille sans rien pour se couvrir. Ils ne remarquent pas la tristesse dans ses yeux, ils ne remarquent rien, point. Et elle les remercie, elle remercie pour la première fois les gens autour d'elle. Elle les remercie sincèrement de ne pas la voir, de ne plus la juger, de ne rien faire d'elle, de l'ignorer complètement, de la prendre pour une invisible tout simplement.
Parfois, j'aimerai tellement passer inaperçue dans les rues... mais les gens sont tellement égoïstes qu'ils ne font que de vous regarder bête (à croire qu'ils ne savent faire que cela), surtout si vous avez un look totalement différent des autres...